L’Hippodrome ParisLongchamp accueille décidément bien du monde pendant l’été. Outre les courses de chevaux, il est également la terre d’accueil de pas moins de deux festivals, et pas des moindres, à savoir les Solidays fin juin, et ensuite ces 20 et 21 juillet, l’édition française du Lollapalooza, événement créé à l’origine à Chicago (et qui se déroule du 1er au 4 août cette année, si jamais vous êtes dans les environs du Lac Michigan), organisé en France par LiveNation.

          Pour cette troisième édition, et après avoir accueilli Lana Del Rey ou encore Depeche Mode, ils n’ont pas lésiné sur l’affiche, et on pouvait ainsi y voir et entendre les Strokes, Martin Garrix, IAMJain, Nekfeu (deux ans de suite, joli), OrelSan, Twenty-One Pilots, Roméo Elvis, The 1975, Skip The Use ou encore les L.E.J.

          Le premier jour, la météo était d’humeur patibulaire, c’est simple, il faisait assez chaud, mais les nuages gris au-dessus de l’hippodrome ne faisaient que nous indiquer que ça allait craquer d’un moment à l’autre. D’un autre côté, cela a du faire du bien au public des Twenty-One Pilots quand la rabasse s’est abattue sur lui, car après tout, le festival tombait en pleine semaine caniculaire. Ironie de la chose, il s’est mis à pleuvoir alors que le groupe faisait brûler une voiture sur scène, comme si le ciel lui-même s’était inscrit chez les Sapeurs-Pompiers Volontaires. Ce concert n’était d’ailleurs pas seulement chaud, mais également de qualité, le groupe sait y faire, par tous les temps. Autres artistes en capacité de mettre le feu, les L.E.J, qui ont su faire danser le public peu après l’ouverture du festival avec les chansons du premier album qu’elles ont sorties l’année dernière : Poupées Russes. Mat Bastard était également de retour aux commandes des Skip The Use et comme à son habitude, il a tout défoncé avec son énergie dingue. Cet homme est une vraie bête de scène, personne ne pourra jamais dire le contraire. On notera la présence de Jaden Smith, fils de l’illustre Prince de Bel-Air, Will Smith, qui même s’il n’avait pas droit à l’un des deux Main Stages, a fait de son mieux et s’est donné à fond pour satisfaire son public. La soirée fut clôturée par Martin Garrix, toujours dans le plâtre, mais toujours au taquet pour faire danser les foules. Mais mes deux concerts préférés de ce premier jour restent ceux d’OrelSan, qui reste après presque deux ans de tournée quasi-non-stop toujours aussi efficace et énergique, malgré le coup de barre dans sa voix qu’il a chopé vers ses 14 ans, et d’IAM, qui restent indéniablement les patrons du game, un vrai plaisir de les voir en concert.

          Le deuxième jour s’est ouvert pour moi avec le concert de Roméo Elvis, et je l’attendais impatiemment son Chocolat Show, car j’en avais entendu le plus grand bien, et les quelques stories que j’en avais vu me mettaient le chocolat à la bouche. Et je n’ai pas été déçu, l’Ixellois sait comment ambiancer son public, et ça pogotait dans tous les sens. Les chansons interprétées mélangent son album solo Chocolat, comme par exemple Normal, Parano (un duo avec -M-) ou Soleil, et son prédécesseur Morale 2 réalisé avec Le Motel, avec notamment les classiques Drôle de question, J’ai vu (avec sa soeur Angèle non-présente sur scène), ou encore Pogo, bien approprié pour lancer des, vous l’aurez deviné, pogos. Il est également drôle sur scène, comme pendant J’ai vu, où il fait des mimiques et prend des poses ridicules, se permettant de ne pas se prendre trop au sérieux, et ça passe plutôt bien. Ensuite il y avait le trio américain Migos, qui a réuni un nombre impressionnant de festivaliers devant le Main Stage 2, et même si je dois avouer que leur musique n’est pas forcément appréciée par moi-même, j’ai passé un excellent moment avec eux, ils sont doués, on peut leur accorder cela. J’ai également pu voir les 1975, groupe que je connaissais assez peu il faut l’avouer, mais j’ai plutôt apprécié ce que j’ai entendu, malgré les cris stridents des groupies présents contre les barrières de la crash. Je pense qu’on peut affirmer sans se tromper que le chanteur Matthew Healy a du succès avec la gente féminine. Le dernier concert du festival était accordé à Nekfeu. Lui qui avait déjà pu venir l’année précédente, au prix d’une légère querelle avec les Killers, car il avait fini un quart d’heure en retard. Il y avait également tourné des scènes de son film Les Étoiles Vagabondes, dont la scène finale. Cette fois il y interprétait le morceaux du double-album conjoint au film, et le public était à fond, faisant des circle pits dans tous les coins, vidant ses verres de bière sur les pauvres photographes dans la fosse, et chantant presque plus fort que lui malgré son micro. Sur scène avec lui, les membres du $-Crew, son pote Doum’s pour le backer, et 2Zer qui a d’ailleurs eu droit d’interpréter un morceau en solo. Décidément, le rappeur parisien porte bien son nom, puisque l’ambiance était enflammée pendant son show. Reviendra-t-il l’année prochaine, parce que jamais deux sans trois ? Peu probable, mais l’avenir nous le dira, après tout, il était déjà un ajout de dernière minute cette année.

          Pour conclure, cette édition du festival était d’un excellent cru, j’ai particulièrement hâte de savoir qui sera sur l’affiche l’année prochaine, et j’espère pouvoir être au rendez-vous pour vous en parler !

Par Marcelo Engelo

Photos par Ryan GrimClément Coupin Marcelo Engelo