Il y a des artistes qu’on rêve de voir sur scène au moins une fois dans notre vie. Pour moi c’est les Beatles, Elton John ou encore Fleetwood Mac. Mais bon c’est quelque peu inaccessible. Eh bien je pensais la même chose de Sting jusqu’au jeudi 17 octobre 2019. Vers 18h30, je reçois un mail me disant que ma demande d’accréditation pour son concert à l’AccorHotels Arena du lendemain soir était finalement acceptée, après un premier refus/flou dû à des problèmes de délais. J’allais pouvoir assister à un show donné par l’ex-chanteur de The Police… Imaginez un peu ma joie. Et la haine que me voue ma mère depuis que je lui ai annoncé (ce qu’elle ne reconnaîtra que sous la torture, enfin j’espère), elle qui en tellement fan. 

          Arrivé à ce fameux concert, après avoir fait le tour de l’extérieur de la salle car le bureau des accréditations est à l’opposé de tout, et m’être fait confisquer mon déodorant (c’est bête, pourquoi aurais-je voulu sentir bon en sortant du boulot ?), je pénétrais dans l’arène. Moi qui m’attendais, ayant obtenu ma place la veille, à une place un peu nulle dans un gradin en fond de salle, là où pour mes petits yeux Sting aurait été aussi minuscule que l’intégrité morale des gens qui mettent le papier-toilette dans le mauvais sens (ça se déroule vers vous, pas vers le mur tabarnak), je me retrouve finalement au septième rang du carré or, c’est-à-dire à une dizaine de mètres de la scène, quasiment centré qui plus est… Serais-je en train de rêver ?

          Enfin, à 21h pétantes, la tête d’affiche arrive, au fond de la salle, sur une mini-scène aménagée pour l’occasion, décorée d’un lampadaire géant, diffusant une belle lumière rouge. Et là, on constate tous qu’il a le bras gauche blessé. Pas de guitare ce soir pour lui. Il nous explique (en français attention) qu’il s’est fait mal à l’épaule la veille, mais que quelqu’un le remplacera ce soir, sauf pour le chant évidemment. Il nous raconte ensuite une anecdote sur le début de sa carrière, quand The Police n’était pas encore le groupe que l’on connaît, l’époque où ils dormaient dans un hôtel derrière la Gare Saint-Lazare, un hôtel dont l’accueil était décoré d’une affiche de Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, une pièce dont l’un des personnages principaux s’appelle… Roxane.

Ainsi commence le concert, accompagné par une belle danseuse, évoquant la jeune femme de Roxanne. S’en vient ensuite Message In The Bottle, sur la grande scène cette fois-ci. Au programme, ses plus grands tubes, comme Fields of Gold, Walking On The Moon, Englishman in New York, ou So Lonely. Le public est survolté, la salle blindée. De ce que je peux voir, il n’y a pas quasiment pas un siège vide. Très vite, les gens dans la fosse (configurée en mode places assises) viennent se coller à la crash, et restent ainsi pendant quatre ou cinq morceaux, avant d’être renvoyés à leurs places par la sécurité. Certains re-tenteront de s’y aventurer au fur et à mesure du concert, mais les miradors veillent au grain.

          Sting est en forme (à part son épaule cela va sans dire) et nous sert ses plus belles mélodies. Je note par exemple une très belle performance de Desert Rose, accompagné par ses deux choristes, un homme et une femme. Il est également entouré de deux guitaristes, d’un bassiste, d’un batteur et d’un joueur d’harmonica, âgé d’après lui de seulement 15 ans ! Et demi, précise-t-il en riant. La danseuse de Roxane revient nous émerveiller à la fin du concert, quand il décide de nous interpréter le plus grand tube de The Police : Every Breath You Take. Une magnifique version de près de 6 minutes, qui conclut officieusement le show. Officieusement car, comme on pouvait s’en douter, il revient pour un rappel, pour lequel il nous gratifie de trois de ses monuments : Fragile, Russians et Shape Of My Heart (morceau magnifique qui apparaît d’ailleurs dans le film Léon de Luc Besson si vous ne connaissez pas, c’est avec Jean Reno et Natalie Portman dans son premier rôle).

          Je ressors comblé de ce concert. Non seulement j’ai vu Sting en concert, mais en plus c’était sublime. Tellement qu’après le concert, à mon habituel karaoké du vendredi soir au Café Rive Droite, ma première chanson était Every Breath You Take. Que voulez-vous, j’étais encore dedans…

Par Marcelo Engelo