Le 1999 est un petit club dans le 11ème arrondissement de Paris. On y imaginerait assez difficilement le concert d’un chanteur danois à succès en pleine tournée européenne, mais nous y voilà. Après une première partie d’une très bonne qualité, servie par Jodie Coste, une jeune chanteuse française mais anglophone, Alex Vargas débarque sur la petite scène, accompagnés de son bassiste et de son batteur, dans un espace qui rendrait claustro l’ego de Donald Trump. S’enchaîne un concert qui, pour un artiste dont j’avais au final assez peu entendu parler avant de le rencontrer (j’avais écouté deux trois chansons en tombant dessus sur YouTube, mais sans vraiment m’y intéresser), était d’un charme fou. L’artiste est doué. Extrêmement doué même. Il a une de ces voix dont on se rappelle à vie. Quelque chose qui vous pénètre l’âme, qui vous fait vous retourner vers votre voisine de concert que vous ne connaissez ni de Caïn ni d’Abel, pour constater que vous faîtes la même tête d’ahuri qu’elle. C’est simple, Alex nous emmène dans son monde et on n’en sort plus jamais. Je ne peux que vous le conseiller si un jour il repasse dans le coin. Ou encore si vous tombez sur lui lors d’un voyage ! Je l’ai donc rencontré une heure et demie avant le concert, à son hôtel, je vous laisse lire (ou écouter pour les anglophones) notre petit entretien !

 

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<< Bonjour à toi Alex Vargas !

Bonjour !

 

Quand on parle de toi on évoque souvent l’Electro-Soul, mais ce que je trouverais intéressant, ce serait de savoir comment toi tu décrirais ta musique, avec tes propres mots ?

Je ne sais pas si c’est intéressant ma façon de faire… Essayer de décrire ma propre musique me rend quelque peu confus. Et je pense que c’est le cas de beaucoup de personnes ces temps-ci… Parce que maintenant on s’inspire de tellement de styles différents… Même en regardant la façon dont les gens écoutent de la musique aujourd’hui, ils n’écoutent plus d’albums en entier, ils font ou écoutent des playlists, qui mélangent plein de styles de musiques différents… Moi j’écoute des albums entièrement, mais si tu écoutes le mien, il est fait de plein de genres disparates, tu vois ? Mais je pense qu’Electro-Soul est une bonne manière de la décrire. J’ai déjà entendu quelqu’un parler de “Noise-Soul” une fois, ce qui m’a plutôt plu. Je veux dire ça a l’air cool, mais je sais pas vraiment ce que ça veut dire… Mais je suis juste un chanteur-compositeur, qui enveloppe ses chansons de musique électronique.

 

Nous sommes littéralement en plein milieu de ton « Europe Tour 2019 », comment se

passe la tournée ?

Oui en effet ça se passe très bien, merci !

Tout est complet ?

Oui il y a énormément de monde, de manière surprenante. Quoique ce soir ça ne le sera sans doute pas, étant donné que la France est un marché assez récent pour moi. Mais il y a plein d’endroits en Europe où j’ai beaucoup joué, et le public y est beaucoup au rendez-vous. On a été en Pologne pour la première fois, en Tchéquie, il y avait un peu moins de gens, mais aux Pays-Bas il y avait un monde de fou. On a fait salle comble en Belgique

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce métier ?

Je crois que je suis juste tombé amoureux du fait d’écrire des chansons. Je pense que c’est là que ça a commencé… C’était tout simplement un excellent moyen de décrire les choses autour de moi, et aussi de gérer les émotions que je n’aurais pas pu m’expliquer autrement.

C’est tout simplement ta façon de t’exprimer ?

Exactement, c’est ça.

 

Quel est ton aspect préféré du métier de musicien ?

Je dirais que les concerts sont ce que je préfère. Je pense…

L’adrénaline ?

Oui, il y a juste quelque chose qui fait que je me sens vraiment chez moi sur scène. Chaque concert est différent, j’adore cette spontanéité. Mes musiciens de tournée sont incroyables, ils ne jouent jamais les chansons deux fois de la même manière, et ça me garde les pieds sur terre. C’est excitant, enivrant. J’aime interagir avec la foule. C’est une autre manière de t’exprimer.

 

Tu as déjà eu des envies d’explorer d’autres styles musicaux ? Ou carrément un autre métier ?

J’ai fait plein de choses différentes, musicalement parlant, j’ai joué dans un groupe de pop, j’ai fait du Rock’N’Roll, et je prévois toujours d’explorer d’autres styles…

Pour t’amuser ?

Oui tout à fait.

 

Tu me fais penser musicalement à des artistes comme Zayn Malik, ou encore Ed Sheeran, es-tu d’accord avec cette comparaison ?

Non, pas du tout !

Non ? Moi je trouve un petit peu, quelque chose dans la voix…

Pas vraiment, je sais pas !

Eh bien peut-être que je me fais des idées quand j’écoute tes chansons, ou alors c’est juste moi ! (rires)

Y a pas de mal ! (rires)

 

Tu penses avoir des rivaux, ou du moins des collègues qui boxent dans la même catégorie que toi ?

Oui probablement, ce n’est pas comme si j’avais inventé la roue en faisant ma musique. Mais je trouve assez difficile de se comparer aux autres, parce qu’il y a toujours un petit garçon, une petite fille, à l’intérieur de chaque artiste qui veut absolument chanter comme ses idoles, mais je tiens à ne pas trop ressembler aux personnes qui m’inspirent… Donc… Je ne sais pas vraiment quoi te dire concernant les gens à qui ma voix me ressembler, peut-être tu devrais venir au concert, juger par toi-même ! (rires)

Peut-être que je vais le faire ! (rires)

En gros tu es toi, et seulement toi.

Oui, comme tout le monde !

 

Je perçois une certaine touche 80’s dans les instrumentales de tes chansons, c’est volontaire ? Toi aussi tu es un nostalgique de cette époque au niveau culturel ?

Alors en partie oui, en partie non ! Genre pas tellement ce qui tourne autour du “Hair Metal” (qu’on appelle aussi “Glam Metal”). Par contre peut-être tout ce qui touche à Prince, David Bowie.

J’avais perçu des airs de Tears For Fears, au niveau des synthés par exemple…

Je n’ai jamais vraiment écouté les Tears For Fears

 

La collaboration dont tu n’oserais pas rêver ?

Dont je n’oserais pas rêver ? Est-ce que je suis invité sur la chanson ou l’inverse ? Peu importe ? Je ne sais pas s’il y a une collaboration qui me paraîtrait hors d’atteinte… On devrait tout pouvoir se permettre ! Mais j’aimerais énormément, puisque qu’on est ici en France, travailler avec Christine & the Queens.

Elle est douée.

Elle est extraordinaire. C’est une artiste vraiment très brillante, je le dis haut et fort ! En vrai même danser avec elle m’irait.

Juste danser ?

Peut-être chanter un peu aussi, mais on démarrerait avec de la danse, pour voir si on s’entend bien…

Vous feriez une battle de danse ?

Le truc c’est que je ne danse pas aussi bien qu’elle ! Mais j’aimerais bien tenter le coup. Peut-être je pourrais lui arriver à la cheville, et puis chanter une chanson avec elle ensuite.

Il faut essayer !

Oui je sais absolument !

 

Tu écoutes de grands artistes français ?

Non pas vraiment. Un peu d’Edith Piaf

Serge Gainsbourg ?

Oui, je l’ai écouté aussi !

C’est lui le patron.

On dirait bien oui !

 

Ce soir tu joues au 1999, mais est-ce que tu t’imagines un jour remplir Bercy, ou une autre grande salle française ? Ou je ne sais pas, pourquoi pas le Madison Square Garden ?

Je pense que depuis tout petit j’ai toujours réussi à m’imaginer sur une grande scène. Je n’aurais jamais peur de jouer dessus. Mais est-ce que je remplirais une grande salle un jour en France ? Aucune idée. Mais je continuerais à faire de la musique !

 

Tu as sorti What You Wish For il y a trois semaines. Ce morceau annonce-t-il un album ?

C’est le troisième des morceaux que j’ai sorti ces cinq derniers mois. Un quatrième arrivera en avril, et ça fera un EP. Cette année j’ai prévu de sortir du nouveau contenu musical, et comme je l’ai dit plus tôt, je vais m’essayer à de nouvelles choses, ce qui me fait peur, mais en même temps j’ai hâte d’y être.

On a hâte d’entendre ça nous aussi !

Génial, merci.

 

Un dernier mot pour tes fans français ?

J’espère vous voir la prochaine fois !

Très bien merci Alex !

Merci ! >>

 

 

Propos recueillis & traduits par Marcelo Engelo

Photos par Julien Blanc