Il y a 20 ans, le Bataclan se remplissait de tatoueurs du monde entier. De nos jours, le célèbre Tin-Tin, tatoueur parisien renommé partout sur le globe, a fait évoluer son projet, et on se retrouve donc à la Grande Halle de la Villette pour le Mondial du Tatouage.

          Que penser de ce salon ? Plein de choses. Déjà je l’ai trouvé fascinant. Il y a un certain côté mystique à se retrouver au milieu de toutes ces peaux encrées. On y respire une atmosphère de véritable camaraderie, tout le monde est souriant, et on remarque à peine le bruit de fond permanent produit par les différents artistes à l’oeuvre. Bien qu’étant moi-même tatoué depuis bientôt quatre ans, je dois reconnaître que je me suis quand-même parfois senti petit, voire intimidé face à certains individus couverts de vertigineux dessins, plus majestueux et inventifs les uns que les autres. Moi et mon petit tatouage en Gallifreyan circulaire sur l’avant-bras droit, on s’incline devant tant de prouesses. Et il ne faut non plus s’y rendre si on est choqué pour un rien, car des culs nus y en a un paquet (sur les tables des tatoueurs j’entends).

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          Au niveau des tatoueurs, et même des visiteurs, le terme “Mondial” n’est en aucun cas inapproprié. On a véritablement la planète entière de présente entre ces murs. Les quatre juges des concours qui tiennent place sur la scène au milieu du salon proviennent également de partout. Par exemple, parmi eux on pouvait trouver Mark Mahoney, légendaire propriétaire d’un salon à Hollywood, et qui a eu l’occasion de tatouer de nombreuses personnalités depuis des décennies, comme Lana Del Rey, The Notorious B.I.G., Danny Trejo (le fameux Machete), Lady Gaga, notre Johnny Hallyday national, ou encore Marilyn Manson. Les concours en eux-même sont très intéressants, présentés par une drag-queen toulousaine au sens de l’humour et de la répartie des plus plaisants. On ne s’ennuie pas une minute en l’écoutant.

          Il y a également une place pour les tatouages plus traditionnels, c’est-à-dire réalisés sans toute la machinerie qu’on utilise aujourd’hui. Bien que relégués à une sorte de sous-sol, on s’y sent bien et les quelques artistes pratiquant ces techniques fascinent. On y trouve des thaïlandais, des néo-zélandais, entre autre. Les tatouages sont réalisés avec des tiges finissant par des aiguilles imbibées d’encre, qui marquent la peau de manière permanente quand le tatoueur tamponne de manière régulière avec un marteau. Ce n’est pas la seule technique traditionnelle pratiquée, mais c’est celle qui m’a le plus marquée (sans mauvais jeu de mot).

          Musicalement il y avait deux invités notables, Ultra Vomit et Lucifer. Je n’ai pu me rendre qu’au concert des premiers, mais je peux vous dire que l’ambiance y était assez folle. Je ne sais pas si vous êtes déjà allé à un concert de metal, mais en général on remarque vite la franche camaraderie qui y règne. Et je ne parle pas que du pogo. Et puis Ultra Vomit est un groupe particulier dans le paysage metal, énormément dans la dérision, donc au final je n’ai pas été surpris de les voir lancer une chenille. Ou de jouer le thème de Batman composé par Danny Elfman.

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          Un concert tout à fait appréciable en somme. Pour une convention tout à fait sympathique, dont j’attends la prochaine édition avec impatience, car elle a un goût de reviens-y !

Par Marcelo Engelo

Photos par Joy Grace