La ville d’Arras dans les Hauts-de-France n’est pas uniquement connue pour le fait qu’elle serve de décor à une bonne partie de l’intrigue de la très célèbre pièce de théâtre Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, elle accueille également depuis maintenant quinze ans le Main Square Festival, et ce depuis dix ans dans la magnifique Citadelle. Et d’après ses créateurs lors de la conférence de presse d’ouverture, il a encore de beaux jours devant lui, car un partenariat a été signé entre le festival, la municipalité et LiveNation pour pérenniser l’événement pour au minimum les six prochaines années. De plus, la région a décidé de s’investir un peu plus dans l’organisation du festival, et une nouvelle scène a ainsi été inaugurée cette année : le Bastion, destinée à accueillir des artistes un peu plus spécifiquement nordistes.

          Je vous aurais bien montré de magnifiques photos des différents artistes présents, mais je me suis cependant retrouvé seul avec un simple pass journaliste, sans photographe donc, ce qui fait que cet article sera très peu illustré, ainsi soit-il !

 

          Il y avait de gros noms sur l’affiche de ce festival, pour commencer le vendredi avec Damso, Angèle, Christine & the Queens et DJ Snake. Je donne d’ailleurs la palme aux trois premiers qui ont su ambiancer et faire danser leur public, tous d’une manière différente, Damso ne se laissant pas forcément aller à quelques pas de danse comme les deux chanteuses, qui elles, se donnent à fond, accompagnées de leurs danseurs et danseuses.

          Dans ce petit groupe, mon concert préféré était celui du rappeur, que j’attendais le plus ce jour-là pour être honnête, et qui était un mélange parfait de technique et de bon feeling, une heure et quart parfaite. Le concert d’Angèle fut plus compliqué pour moi, car elle suivait son compatriote, et démarrait même un quart d’heure avant la fin de son concert, et donc s’insérer dans la foule de la deuxième scène fut impossible. Je suivis donc le concert de très loin, mais je l’ai franchement apprécié, et elle sait y faire il n’y a pas à dire, c’est une vraie bête de scène. Celui de Christine j’y ai assisté de plus près, étant venu plus tôt, et on peut dire que ça groovait, c’était franchement génial, le talent de cette artiste est relativement énorme, sur une échelle de 1 à Godzilla, elle atteint au moins la taille du Bibendum dans S.O.S. Fantômes.

          Le deuxième jour accueillait lui le groupe Skip The Use, le rappeur américano-irlandais Macklemore, le parisien Lomepal, et le DJ Martin Garrix. Ils ont tous les quatre soulevés les foules de manière impressionnante. Le concert de Macklemore était particulièrement cool, drôle également, comme par exemple quand il emprunte une licorne sur un bâton pour s’éclater avec pendant Thrift Shop. Et entendre Same Love en live est tout à fait magnifique. Mat Bastard et son groupe sont toujours aussi efficaces et déjantés. Lomepal est lui aussi toujours aussi bon, et on regrette que les concerts ne soient pas plus longs en festivals, car on en redemande. Et c’est à son concert que j’ai entendu le plus de gens chanter avec lui, et ça c’est beau. Et enfin Martin Garrix était en forme malgré sa blessure à la jambe, chapeau l’artiste. 

          Le dernier jour voyait lui la présence de Bring Me The Horizon, Bigflo & Oli, Eddy De Pretto et Jain. Le premier fout le bordel comme tout bon groupe de metal qui se respecte, mais j’avoue ne pas avoir vu tout le concert car je ne suis tout simplement pas trop attiré par ce style. Par contre j’ai assisté à l’intégralité du show des rappeurs toulousains, et malgré un public un peu trop timide au début, ils sont parvenus à le décoincer, et se sont donnés à fond, comme à leur habitude. Eddy De Pretto n’est pas resté dans son coin, et il a pu ambiancer la deuxième scène avec sa fougue et son style incontournable. Et pour ce qui est de Jain, je n’ai pas vu beaucoup de son concert mais je peux quand-même dire qu’elle sait y faire et que le public a dû passer un très bon moment pour clôturer le festival.

 

          Pour conclure, un petit reproche à faire au festival : faire se chevaucher le début et la fin des concerts n’est pas foncièrement une mauvaise idée, mais étant donnée la disposition des deux scènes, à savoir séparées par une sorte de grosse barrière faite de stands, d’arbres, d’une église et autres régies avec juste deux passages à chaque extrémité, les festivaliers voulant voir l’artiste suivant sur l’autre scène étaient quelque peu obligés de se mettre en périphérie du public au niveau des ouvertures pour espérer voir à peu près bien le concert suivant, ou alors ils devaient soit rater le début de l’un, soit zapper la fin de l’autre. C’est un peu dommage. Mais sinon la programmation est intéressante, les stands de restauration sont divers et bons (notamment le stand de crêpes/gaufres sur les remparts, un vrai délice), et les animations amusantes.

En bref, il assoit sa réputation de bon festival !

Par Marcelo Engelo