Cette 12ème édition commençait déjà très fort : Orang Mug sous les halles du marché de Dijon, Alpha Wann et Dinos à La Vapeur tandis que Johan Papaconstantino aux côtés de Marble Arch, nous donnaient rendez-vous sur une péniche pour cette première soirée de GéNéRiQ.

Notre périple a débuté au Melkior pour voir sur scène la figure explosive : Hubert Lenoir. Arrivé tout droit du Québec, le jeune chanteur ancien membre The Seasons, est venu bousculé quiconque venait s’aventurer dans le club. Percuter la foule, enjamber les bouteilles sur le bar du club et grimper sur tout ce qui l’entoure fait partie des « normes » inattendues intégrées à son show sans limites. Par son allure androgyne assumée, Hubert Lenoir n’a laissé aucune ambiguïté quant à son énergie sur scène impulsée par des mélodies pop, jazz et glam rock. Sans oublier les musiciens, à la hauteur du phénomène, on a tout particulièrement aimé le saxophoniste et son fascinant solo au milieu du concert. Inoubliable. (On essaye encore de s’y remettre).

À peine sortie de cette incroyable performance, direction La Vapeur pour passer une nuit aux côtés du sacro-saint de la techno : Arnaud Rebotini. Césarisé l’année dernière pour sa composition originale dans le film 120 battements par minute, le parrain du monde électro, entouré de ses synthétiseurs, nous a fait planer le temps d’un set exemplaire.

Cette soirée démarrée par Psycho Weazel et prolongée par Black Noi$e, a fait place à la chanteuse Angolaise Pongo qui a su se faire remarquer lors de démonstrations hautes en couleur inspirées du Kuduro. La DJ et chanteuse Australienne HAAI a clôturé cette soirée jusqu’au petit matin.

Les quelques heures de sommeil récupérées, nous nous attaquions à la troisième journée de GéNéRiQ. Au programme, un voyage à travers la world music avec Vaudou Game, Ann O’aro, Delgres et Ammar 808. Mais avant ça, le festival nous offrait une création unique ‘Beat-Man Batkovic & Double Bass experiment‘ itinérante dans toutes les villes de GéNéRiQ.

La voix magnétique de Ann O’aro a charmé les premiers spectateurs de La Vapeur, et l’entrée en scène du trio Delgrès a donné un tournant décisif à cette troisième soirée. Les musiciens, dont le nom de groupe est un hommage au colonel Louis Delgrès, nous ont fait danser sur des sonorités blues et rock créoles une bonne partie de la soirée.

Ce voyage de la Guadeloupe à la Louisiane aux côtés de Delgrès, a continué jusqu’en Tunisie avec le groupe Ammar 808, aux influences électro entrecroisées de musique traditionnelle du Maghreb.

La tête d’affiche de ce samedi soir, le collectif afro-funk Vaudou Game, dont la culture issue des rites Vaudou marque la musique du chanteur Togolais Peter Solo, est venu interpréter leur dernier projet OTODI .

La ville Dijonnaise avait encore quelques secrets à nous révéler pour cette dernière journée de festival. Tandis que le chanteur pop électro Flavien Berger participait à un brunch concert, l’Hôtel de Vogüé, situé au plein centre-ville, accueillait la chanteuse Britannique Brooke Bentham pour sa première venue en France. Sur des harmonies pop folk, et dans un cadre singulier, la voix rauque de la chanteuse nous a transporté dans son Newcastle post-mélancolique le temps d’un après-midi.

Dernière étape de ce périple musical : Le Centre d’art contemporain de la ville. Les jeunes talents outre-Manche, Black MIDI et Fontaine D.C., ont rejoint le groupe post-rock Bodega, remarqué lors des Rencontres trans musicales à Rennes en décembre dernier, pour la clôture du festival. Les Londoniens de Croydon, dont leur apparition sur scène reste quasi occasionnelle au même titre que leur présence sur internet, ont su laisser une trace de leur passage à travers des riffs de guitare saisissants. Fontaines D.C. n’ont pas eu de mal à contenir l’ardeur des festivaliers pour cette deuxième partie de concert. On reconnaît avoir fixé notre regard à plusieurs reprises sur l’attitude hermétique du chanteur en harmonie complète avec le reste des musiciens. Un groupe à suivre !

GéNéRiQ c’est pouvoir se rapprocher au plus près de la musique, des artistes, des genres, des lieux hors-normes, et applaudir les découvertes qui viendront occuper les scènes des festivals cet été. À ne pas oublier que le festival se déroule aussi à Besançon, Belfort et Mulhouse. Alors à vos agendas pour la prochaine édition, bien au chaud dans les salles de Bourgogne-Franche-Comté !