Si l’histoire se rappellera que la première édition de la Paris Summer Jam a eu lieu à la U ARENA de Nanterre le Vendredi 24 aout dernier, les plus perspicaces se rappelleront eux, que cette date est la même que celle qui a ouvert le bal des 3 jours du festival Rock-en-Seine édition 2018, 10km plus loin, au parc de Saint-Cloud.

Coup de génie de la part des organisateurs ? Surement pas. On vous en dit plus…

 

D’un côté l’ambitieux et prometteur Paris Summer Jam, dernier-né de chez LiveNation. De l’autre, le célèbre Rock-en-Seine désormais détenu de moitié par le géant promoteur américain AEG. Au centre, le rappeur américain Kendrick Lamar.

Rappelons les faits : Décembre 2017, les organisateurs de RES démarchent Kendrick Lamar dans le but de faire de lui, leur tête d’affiche du festival. L’offre est faite et AEG pense faire le gros coup. Alors que l’affaire est sur le point d’être bouclée, LiveNation lance une contre-offensive afin de programmer la star sur la première édition de son propre festival Paris Summer Jam. Déjà sous contrat avec LiveNation, Kendrick Lamar accepte alors l’offre de ces derniers afin d’être la tête d’affiche du PSJ. Coup dur pour Rock-en-Seine.

Pour sa première édition, le Paris Summer Jam affichait une programmation alléchante avec désormais une tête d’affiche digne de ce nom : Kendrick Lamar, premier artiste hip-hop de l’histoire à remporter le prix Pulitzer dans la catégorie « Musique ». A ses côtés, une autre star intercontinentale venue tout droit des US : Pharrell Williams, accompagné de son groupe N.E.R.D. Vous pouvez ajouter à ça, les célèbres rappeurs marseillais d’IAM et le modeste « boy-band » américain Brockhampton et l’affiche était complète parfaite.

 

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fallait pas être en retard du côté de la U Arena.

À 17h, les gars de Brockhampton étaient déjà sur scène pour chauffer les plus ponctuels. Très peu de personnes à vrai dire mais bon, entre nous, 17h c’est quand même assez tôt. La salle se remplira d’ici quelques minutes ou quelques heures au plus tard. Du moins, c’est ce que je me suis dit à ce moment-là.

18h30, la salle prend l’accent marseillais. Akhenaton, Shurik’n et les autres sont dans la place ! Les classiques du rap français « Petit frère », « Je danse le Mia », « L’empire du Côté Obscur » défilent et, même si 21 ans après la sortie de leur légendaire album « L’école du micro d’argent » les visages de nos rappeurs préférés ont pris quelques rides, leurs hits, eux, n’en ont pris aucune.

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20h, Pharrell Williams, véritable showman entre sur scène avec son groupe N.E.R.D. Comme à son habitude, Pharrell nous offre un show haut en couleur avec un (voir même plusieurs) brin de folie. « Get Lucky », « Lemon », « She want’s to move », pour notre plus grand bonheur, les uns après les autres, tous les plus gros hits y passent. Pourtant, la plus grande salle fermée d’Europe peine toujours à se remplir de moitié.

22h, il est clair que la U Arena ne fera pas salle comble ce soir, loin de là, mais peu importe, le moment que tout le monde attend approche. Kendrick Lamar, a.k.a « the best rapper alive » pour beaucoup de monde, s’apprête à faire son entrée. Une vidéo déroule sur l’écran géant, le public réclame son champion, la pression monte. On y est, Lamar débarque sur scène et commence fort avec son fameux « DNA ». S’en suit tous les plus gros hits de son dernier album « DAMN » tels que « Humble », « Element », « Loyalty », mais aussi certains de ses anciens albums tels que « Money trees » issu de son ancien album « Good kid, m.A.A.d city » sorti en 2012. Le show du King est exceptionnel et beaucoup de fans présents à Bercy en février dernier pour ses deux premiers concerts de l’année en France, diront que le spectacle de ce soir aura été son premier vrai concert, laissant sous-entendre que les concerts de février dernier n’étaient pas à la hauteur de leurs espérances, mais que celui-ci les aura pleinement comblés.

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Du coté de Saint-Cloud, Rock-en-Seine avait prévu de tout miser sur le duo PNL, avec l’unique date de concert de l’année du groupe. Si les quelques festivaliers des premiers rangs ont été satisfaits, d’autres n’ont pas apprécié l’ambiance d’une scène à moitié vide, en témoigne les critiques balancées sur Twitter à l’encontre des organisateurs de RES.

Si sur le papier la soirée du 24 aout dernier s’annonçait explosive du côté des Hauts-de-Seine (92), le verdict final du combat opposant les deux géants américains (LiveNation & AEG) est clair, net et sans appel : Double K.O.

Ni LiveNation, ni AEG n’a pu se satisfaire de ces faibles affluences. Seuls fautifs de ces contre-performances, espérons que, pour les éditions à venir, les deux promoteurs sauront mettre leur différend de côté pour le bien de tous.

A bon entendeur.