Ambiance très anglophone au Trianon en ce jeudi soir de mai. Le public est composé d’énormément d’anglo-saxons, et les deux artistes qui se partagent la scène ne parlent qu’anglais. Tout d’abord, la première partie. C’est Luca Fogale qui s’y colle. Ce canadien a une douce voix, qui me fait un peu penser à Angus Stone ou Damien Rice, dans un registre folk, interprété grâce à sa guitare folk et son clavier, seul en scène. Les morceaux sont calmes, relaxants, très jolis, ce qui fait que l’on passe un excellent moment. Une première partie tout à fait convaincante.

          Ensuite vient le moment d’accueillir la tête d’affiche : l’irlandais Dermot Kennedy. La salle est pleine pour lui, que ce soit dans la fosse ou sur les balcons, et elle est enthousiaste. Sur scène un quatuor de musiciens, un batteur, un claviériste, un bassiste, et Dermot au chant et à la guitare folk. Sa musique est dynamique, dans un style mélangeant un peu ceux de Damien Rice (encore une fois oui) et Paolo Nutini. Vous savez ce genre de folk douce mais violente, dans le sens où elle vous fait tout remettre en question, comme si vous veniez d’éviter de justesse de vous faire renverser par un camion-poubelle, et que vous restiez planté là, perdu dans vos pensées, n’entendant même pas la personne âgée en train de vous faire une leçon de morale. Ce genre de folk oui. Parce que ce qu’il chante notre irlandais ça vient des tripes, c’est baigné dans une mélancolie malgré elle magnétique et magnifique. Et le public connaît ce sentiment, puisqu’il chante avec lui Young & Free, ou encore Moments Passed, morceau sur lequel je l’ai découvert, car il l’a interprété lors de son passage dans l’émission COLORS sur YouTube, et qui est pour le coup mon morceau préféré de lui.

          Un inédit à signaler, un morceau qui me semble être titré The Corner, qu’il nous raconte avoir apparemment écrit et composé quelques semaines plus tôt, pendant la tournée. Un morceau très sympathique il faut dire, dynamique mais doux, bien dans son style si particulier.

          La scénographie me pose un dilemme. Les lumières en particulier. De manière générale elles sont très bien, originales en plus, avec notamment un système de petits faisceaux latéraux donnant l’impression de lasers dressés comme un rideau que Dermot doit traverser. Et également une série d’écrans verticaux en fond de scène formant comme une barre de volume, sur lesquels sont diffusées la plupart du temps des images de vagues, ce qui convient tout à fait à son univers je trouve. Mais le gros défaut est que certaines lumières de fond sont beaucoup trop fortes, et la plupart des gens du public ont du perdre quelques points de vision à chaque fois que l’ingé-lumières appuyait sur ce bouton-précis.

          Mais bref, si on oublie cette petite ombre au tableau, le concert était un excellent moment à passer, et je vous recommande fortement d’aller écouter cet artiste, son premier album devrait sortir cette année.

Instagram : @dermotkennedy

Twitter : @DermotKennedy

Par Marcelo Engelo