Bien le bonjour !

 

     Des groupes de rock on en a quelques-uns en France, mais il faut bien avouer qu’ils sont presque tous composés de mecs. Même si ce n’est pas une mauvaise chose en soi, il n’y a que quelques groupes qui se démarquent en ayant un membre féminin, bien souvent au chant. Parmi eux, j’ai nommé Niagara !

     Le groupe fut formé en 1982 (alors nommé L’Ombre Jaune, pendant deux ans), par Muriel Morena, Daniel Chenevez et José Tamarin. D’abord catalogué comme faisant de la pop, son style s’est quand-même plutôt rapproché du rock qu’autre chose, tout en gardant je trouve une touche fantaisiste, qui fait aujourd’hui que quand tu écoutes du Niagara, eh bien ça ne ressemble qu’à du Niagara.

     Il y eut en tout et pour tout quatre albums avant la dissolution du groupe en 1993, mais j’ai choisi de vous parler de mes quatre morceaux préférés du troisième d’entre eux, sorti en 1990 : Religion !

© Polydor, PolyGram, Disques Trafic, Metronome (1990)

 

     On commence en douceur avec le morceau La Vie Est Peut-Être Belle. C’est un morceau-type du groupe d’après moi, dans le sens où il représente bien son style : des synthés en veux-tu en voilà, une guitare n’apparaissant que pour jouer son riff mémorable (qui me fait d’ailleurs penser à du Fleetwood Mac par moment), avant de s’effacer en-dehors des refrains, et une voix planante donnant envie de danser un slow un peu plus énergique que d’habitude (du genre celui où on se balance de côté au lieu de juste passer la serpillère avec l’autre). Les paroles sont mélancoliques, marque de fabrique de ce que chanta Muriel tout le long de la carrière du groupe. Il y a également un côté pastoral dans ce morceau. De par ses paroles déjà, mais surtout par son clip, montrant maintes fois des crucifix, Daniel en diable, Muriel en ange, de la musique presque savante en conclusion de morceau. Et c’est une thématique qui reviendra tout le long de l’album d’ailleurs. Après tout, il y a une croix sur la pochette, et le nom de l’album est assez explicite.

 

     Ensuite, on peut se pencher sur le cas de L’Âme des Vandales. Ce morceau fait plus de place aux influences Jazz de Niagara. On a d’abord des cuivres qui agrémentent le morceau, et une walking bass qu’on peut remarquer si on tend l’oreille. Il bouge un peu plus que le précédent, sans non plus être le plus dynamique de l’album. Il se danserait plutôt seul pour le coup (en dansant le mia et en claquant des doigts, on ne vous juge pas promis). Dans cette chanson Muriel chante toujours sur la religion, plus particulièrement sur le péché, et ceux qui le commettent. Ce n’est pas mon préféré du disque, mais je trouve qu’il passe bien, et quand vient son tour, je n’ai pas envie de soulever le diamant pour passer à autre chose.

 

     Ah, là on tient le morceau qui bouge, le morceau culte de cet album. J’ai Vu est peut-être bien dans le top 3 des chansons préférées de Niagara de tout le monde (avec L’Amour à la Plage et Tchiki Boum), ou en tout cas, la plupart des gens la connaissent sans doute. Dans ce morceau, la guitare tend à saturer, la batterie à faire sonner autre chose que la Charleston, et Muriel se lâche en chantant de façon à ce que tu tousses après si tu la tentes un jour au karaoké. Et c’est peut-être bien le seul morceau qui ne parle pas tant que ça de religion. On aborderait plutôt la politique et les problèmes de société ici. Et il faut reconnaître que c’est comme une bouffée d’air frais au milieu des autres morceaux de ce disque (bien qu’il soit placé en numéro deux dans la tracklist).

 

     J’avais envie de finir avec mon préféré. De cet album et de la discographie complète du groupe aussi, je ne sais pas, mais il y a quelque chose entre Pendant Que Les Champs Brûlent et moi. Si ce morceau était une femme, je serais probablement amoureux d’elle. Déjà, l’importance qui est accordée à la basse me ravit au plus haut point. Il n’y a sérieusement rien de mieux qu’une chanson où la basse est proéminente. De l’or en barres dans les oreilles je vous dis. Et puis ce morceau emmène vers d’autres horizons, on peut l’écouter couché dans l’herbe et ne plus vouloir bouger de toute notre vie, même pour célébrer l’enterrement de la belle-mère qu’on aime pas. Bref, cette chanson est un rêve, devenu réalité si j’ose dire.

 

     En conclusion de ce Disquaire, je ne peux que vous conseiller d’écouter Religion, et les trois autres albums du groupe, car ils restent après vingt-cinq ans d’inactivité une des valeurs sûres de la scène française, et ça, c’est beau.

 

     On se retrouve dans deux semaines pour un nouveau Disquaire, qui sait, peut-être que je vous ferais découvrir quelque chose !