Bien le bonjour !

 

           Il n’est pas venu le temps des cathédrales, mais celui de vous parler des Black Eyed Peas. Mais qui est-ce donc ? Eh bien mon cher Jean-Marc, il s’agit d’un groupe de hip-hop fondé dans la seconde moitié des années 90. Il est alors composé du trio will.I.am, apl.de.ap et Taboo. D’autres membres les rejoindront, à savoir Dante Santiago, Kim Hill et Sierra Swan. Mais ils ne seront que de passage, et la seule personne qui saura rester se nomme Fergie, et ce jusqu’à l’avant-dernier album du groupe sorti en 2010 : The Beginning. Aujourd’hui, ils sont de retour au trio originel, avec l’album Master Of The Sun Vol. 1, sorti en fin 2018, qui se démarque des autres albums plus récents parce qu’il revient à une sonorité hip-hop plus proche de ceux du début. Et c’est à un de ceux-là que je vais essayer de vous intéresser aujourd’hui, puisque je vais vous parler d’Elephunk, sorti en 2003 et qui est d’ailleurs le premier disque sur lequel Fergie apparaît.

© Polydor, A&M, will.I.am Music Group (2003)

 

           Le premier morceau dont j’ai envie de parler s’intitule Hey Mama. Rien de tel qu’un morceau tel que celui-ci pour te mettre dans une ambiance folle. Tout d’abord grâce à ses sonorités très latino. Ce mélange des genres avec le rap et ce qui me fait penser à de la samba brésilienne est très réussi. On sent que le groupe a cherché à se démarquer et à créer un son unique, et c’est gagné, cette chanson est très identifiable. Et elle rentre dans la tête assez facilement. Et elle donne envie de shaker son booty, comme on dit dans la langue de Ronald McDonald. C’est cool, ça détend, ça défoule, c’est du tout bon.

 

          Ensuite on en vient à Smells Like Funk. Comme son titre l’indique, le morceau est funky à souhait, notamment avec sa basse si bondissante qu’on dirait qu’elle est en train de gagner une course en sac. Le rap est somme toute simple je trouve, mais d’excellente facture. On se surprend à bouger la tête de gauche à droite comme une barque qui tanguerait parce qu’une personne de forte corpulence serait montée dessus soudainement. C’est un excellent son pour s’ambiancer, ou commencer à faire monter la pression quand on fait le DJ en soirée avec tes potes.

          Celui-là il fait un peu une figure d’ovni parmi les titres de l’album : Anxiety. Déjà c’est un morceau très rock, et quand on connaît le style de prédilection des BEP (à cette époque-là du moins) cela se démarque fortement. Et puis c’est un featuring avec le groupe de metal alternatif Papa Roach, ce qui est tout aussi surprenant. Imaginez, c’est un peu comme si, en France, IAM faisait un morceau avec Gojira. Disons qu’on sort un peu des sentiers battus. Le morceau est énergique, il est différent, et il te met dans une ambiance très particulière, qui me rappelle fortement les années 2000, quand j’écoutais ce morceau sur mon vieux baladeur à pile. Une pépite.

 

          Un morceau légendaire maintenant : Let’s Get Retarded. Les gens ont plutôt tendance à le connaître sous le nom de Let’s Get It Started, car l’adjectif “Retarded” (qu’on pourrait traduire par “débile mental”) avait une mauvaise connotation, et le groupe a ainsi décidé d’en faire une autre version plus politiquement correcte quand une marque a souhaité l’utiliser pour une publicité. Mais ça ne change rien au pouvoir rythmique de cette chanson, qui me met dans une humeur folle, et qui me rend prêt à tout démonter, jusqu’à ce que le mode aléatoire de mon téléphone mette du Alain Bashung et que je me mette à repenser avec honte à la fois où j’ai pas dit à ma mamie que j’avais tapé dans ses biscuits. Quoiqu’il en soit la musique est folle, cette basse au début est immédiatement reconnaissable, et y a rien de mieux pour s’ambiancer à 5h du matin dans une voiture en rentrant de soirée.

          Ma préférée du disque, et de toute la carrière du groupe d’ailleurs, j’ai nommé Where Is The Love. Au départ écrit par ce cher Justin Timberlake, il s’agit d’un véritable hymne à l’amour de son prochain, et d’un véritable pied-de-nez aux organisations racistes qui pullulent en Amérique du Nord, comme le tristement célèbre Ku Klux Klan. L’instrumentale est assez originale, même comparée à ce qu’on fait aujourd’hui, et elle arrive à accompagner les paroles dans leur côté émotionnel qui est présent en crescendo au fur et à mesure du morceau. On écoute ça et on aurait presque envie de prendre des pancartes de protestation et d’aller les brandir sous le nez des CRS jusqu’à se recevoir un flash-ball dans l’oeil. Une bonne chanson fédératrice, et en même temps tout simplement belle.

          Je vous retrouve dans deux semaines pour un nouveau Disquaire, et d’ici-là, n’arrêtez pas d’écouter de la musique, et surtout, soyez curieux !


Marcelo Engelo

22 ans, choisit du Céline Dion au karaoké.
Réalisateur/Scénariste, journaliste, et parfois photographe.

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