Bien le bonjour !

 

          Me voici de retour avec un nouveau Disquaire, après une petite pause de quelques semaines ! J’en avais besoin pour réfléchir à l’évolution de cette chronique, la rendre plus qualitative, histoire qu’elle soit plus intéressante pour vous. Allons-y donc, vous me direz si c’est réussi ou non en commentaire !

          Pour cette onzième chronique, j’ai donc décidé de vous parler d’un monument qui fête cette année ses 50 ans, le fameux White Album des Beatles, qui se nomme en réalité The Beatles. Eh oui, on commence déjà par une révélation des plus choquantes, désolé si je fais trembler les coeurs des âmes sensibles aussi tôt dans ce texte.

          Je pense qu’il est inutile de présenter les Beatles, mais un rapide rappel du contexte autour de cet album est nécessaire.

          On est en novembre 1968, après le succès fou de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band sorti l’année précédente. Et cinq ans après le premier succès du groupe, Love Me Do. John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr ont donc déjà de la bouteille et commencent à avoir besoin de changer d’air (ou comme un sac d’aspirateur qu’il faut vider de temps en temps, si vous saisissez ma métaphore). Et pour se ressourcer, ils décident d’aller séjourner en Inde, à Rishikesh pour être plus précis, au sein de la communauté du gourou nommé le Maharishi Mahesh Yogi. Il y restent ainsi quelques mois, et pendant leur séjour, ils composent une quarantaine de morceaux, dont la plupart finiront sur l’album blanc, quelques-autres d’entres elles sur Abbey Road, ou encore sur les albums solos respectifs des membres après la séparation du groupe en 1970. Et après une sélection de trente chansons, l’album est donc sorti, avec le succès qu’on lui connaît. Je tiens à souligner qu’il a quand-même été vendu à plus de 20 millions d’exemplaires, imaginez un peu, ça fait deux cents disques de platine, ou quarante disques de diamant, à l’échelle française bien entendu. Et avec la réédition des 50 ans, ça ne peut qu’augmenter.

          Mais bref, on est là pour que je vous parle de mes morceaux préférés de ce disque, mais comme c’est un double-album composé de trente chansons, je vous avoue que j’ai eu du mal à choisir. Mais j’y suis parvenu tant bien que mal !

© Apple (1968)

 

          Commencer en vous parlant d’un morceau qui contient le mot “oignon” dans son titre alors que je déteste ça tient de l’exploit venant de moi, alors soutenez-moi ventre saint-gris ! Vous aurez sûrement compris que je parle de Glass Onion. C’est un petit morceau sympathique, une bonne introduction je trouve, qui fait référence dans ses paroles à des titres passés, comme Strawberry Fields Forever ou Lady Madonna par exemple. Il n’a pas vraiment de message caché, il ne s’agit que d’un morceau léger écrit et composé par Lennon, presque comme une blague au fond, destinée à tous ceux qui ont toujours cherchés des messages cachés dans leurs morceaux. Je l’aime bien parce qu’il met tranquillement dans l’ambiance, et bien qu’il soit court, il remplit son rôle, qui est je pense de préparer aux autres morceaux ayant un peu plus de poids.

          Le second morceau que j’ai choisi est Dear Prudence. Il parle de Prudence Farrow (oui, la petite soeur de Mia Farrow, l’ex-femme de Woody Allen), qui était présente lors du séjour indien du groupe, et qui passait le plus clair de son temps dans sa tente à méditer. Et les quatres britanniques ont donc passé deux semaines à essayer de la faire sortir, et à la consoler, la pensant dépressive, alors qu’elle souhaitait simplement méditer tranquillement, toute seule. Ce n’est pas la plus connue des chansons du disque, mais je l’apprécie autant que d’autres. Elle est groovy à sa façon, la batterie est simple mais efficace, et la mélodie plus qu’accrocheuse. Et la petite histoire derrière sa création est, je trouve, assez drôle. Ou du moins sympathique. Et je me vois bien marcher dans la rue en écoutant ça dans mes écouteurs, et me taper la honte parce que je chante à voix haute en même temps.

 

          En troisième j’avais envie de vous parler du morceau le plus énergique du lot : Revolution 1. Et quand je dis énergique je parle surtout de la version du clip dont je vais mettre le lien en-dessous, car sur l’album, ce n’est pas du tout la même chose. En effet, on y trouve la chanson dans un rythme plus lent, moins guttural, moins hard en somme. Car pour la version du clip en revanche, pour laquelle j’ai donc une préférence, on sent toute l’émotion de Lennon quand il a écrit ce morceau, vis-à-vis de tout ce qui se passait dans le monde en 1968, où des manifestations souvent violentes prenaient place (par exemple à Paris au mois de Mai, pour citer un exemple que vous connaissez tous). Le Beatle est certes d’accord qu’une révolte est nécessaire, mais il condamne le fait que tout doive se régler par la violence, même s’il semble avouer ne pas avoir plus de solutions à proposer que les gens qu’il critique. Pour ce qui est de la musicalité, on a ici droit à ce qui ressemble vaguement à du Hard Rock. Quelques années avant l’heure, et dans un aspect moins prononcé que le titre Helter Skelter, présent également sur cet album, mais dont je ne parlerais pas (tout simplement parce qu’il ne rentre pas dans mon top 5, désolé). En somme un bon morceau de rock qui tâche, au milieu d’un album somme toute plutôt acoustique, et qui, comme dirait Alain Juppé, a le don de me donner la super pêche.

          On met trop souvent George Harrison de côté pour privilégier le duo Lennon/McCartney, mais le gars avait un talent assez dingue pour la composition, d’après moi. C’est simple, il est l’auteur de beaucoup de mes chansons préférées du groupe, comme Something, ou Here Comes The Sun, pour ne citer qu’elles. Et donc dans les quelques morceaux qu’Harrison a pu placer sur The Beatles, il y a       While My Guitar Gently WeepsPour moi c’est un pur chef d’œuvre. Tout d’abord cette entrée en matière avec ce clavier martelant sa mélodie entraînante est des plus appréciables. Et puis la voix de George dégage quelque chose qui me rend heureux quand j’écoute ce morceau. Je ne saurais dire quoi précisément, mais elle a ce pouvoir émotionnel. Sur moi en tout cas, et j’espère sur vous également. Pour l’anecdote, Lennon et McCartney n’arrivaient pas à accorder de l’intérêt au morceau lors de son enregistrement, et George a donc décidé le lendemain d’inviter Eric Clapton au studio d’Abbey Road, pour qu’il interprète le solo de guitare, après avoir tout de même insisté fortement, le guitariste n’osant pas dire oui, de peur de désacraliser les Beatles. Et c’est là que le duo de tête a enfin remarqué que leur camarade leur avait déposé un vrai bijou devant eux. Donc vous saurez maintenant en l’écoutant que c’est Clapton qui fait vibrer ses cordes. Je ne saurais plus le recommander. Et parce que je suis gentil, je vous mets aussi à disposition une reprise de la chanson que je trouve magnifique, par les tout aussi bons Carlos Santana et India.Arie.

          Il est probable que ce choix en surprenne plus d’un, mais mon morceau préféré de The Beatles est Rocky Raccoon. C’est une chanson légère écrite et composée par Paul, qui raconte l’histoire d’un cowboy qui cherche à se venger d’un type lui ayant piqué sa copine. J’ai jamais compris moi-même pourquoi c’était ma préférée, je dois l’avouer. C’est sans doute le côté apparemment innocent qu’elle dégage, et je dis bien apparemment, car au final l’histoire est assez triste, car Rocky n’atteint même pas son objectif. Non, à la place il échoue face à son rival, se fait tirer dessus, et est forcé d’abandonner. Je trouve ça poétique moi, que pour une fois le méchant gagne. Même si c’est dans une chanson et pas dans un film ou une série. Vous aurez peut-être fait le rapprochement, mais effectivement, le titre rappelle bien le personnage de l’univers Marvel du nom de Rocket Raccoon, le raton-laveur de l’espace membre des Gardiens de la Galaxie. Et il y a une raison toute simple à cela, car quand il fut créé dans les années 70, ils aimaient tellement les Beatles qu’ils lui ont donné ce nom. Il avait même un compagnon morse au début de ses aventures qui portait le nom de Lem Orse, Wal Rus en anglais, qui est une allusion à la chanson I am the Walrus (que je vous conseille également, elle est très psychédélique, mais tellement fun).Voilà, sur cette anecdote, je vous laisse écouter la chanson, et vous faire votre propre avis dessus !

Je vous retrouve dans deux semaines pour un nouveau Disquaire, et d’ici-là, n’arrêtez pas d’écouter de la musique, et surtout, soyez curieux !